Appel à l’action pour étendre l’intervention internationale face aux hépatites virales Réunion internationale des partenaires sur les hépatites (organisée par l’OMS au mois de mars 2014, à Genève)

Lire le document original de l’OMS.

Contexte

Les hépatites virales sont aujourd’hui responsables de la mort d’1,44 million de personnes chaque année (1,46 million de morts pour le VIH/sida, 1,20 million pour la tuberculose et 1,17 million pour la malaria). On estime à environ 500 millions le nombre de personnes vivant actuellement avec une hépatite virale et quelques 2 milliards de personnes ont été infectées par le virus de l’hépatite B. La plupart des personnes vivant avec une hépatite chronique B ou C ignorent leur statut et sont susceptibles de développer une cirrhose ou un cancer du foie, contribuant ainsi à augmenter le nombre de malades dans le monde pour ces deux maladies chroniques.

Chaque année, des millions d’infections graves surviennent, dues aux virus de l’hépatite A et E, avec pour résultat des dizaines de milliers de morts, presque exclusivement dans les pays à faible et moyen revenu.

Il n’existe pas de vaccin permettant de prévenir l’hépatite C. Cependant, les traitements actuels offrent des taux de guérison élevés, qui devraient encore s’améliorer avec l’arrivée de nouveaux médicaments. Ces traitements doivent être accessibles à des prix abordables pour les personnes qui ont besoin. La prévention de l’hépatite B peut se faire au moyen d’un vaccin efficace et sans danger, pourtant 240 millions de personnes vivent actuellement avec une infection chronique due à l’hépatite B. De plus, les thérapies disponibles et efficaces pourraient empêcher les cas de cirrhose et de cancer du foie parmi les personnes infectées.

Les mesures préventives ne sont pas mises en place universellement et un accès équitable de qualité, ainsi que des diagnostics et des traitements sans danger, efficaces et abordables des hépatites B et C manquent dans beaucoup d’endroits du globe, notamment dans les pays en développement.

La Réunion des Partenaires internationaux de l’OMS sur les hépatites a permis aux intervenants de se rassembler autour d’une plateforme mondiale afin de mieux communiquer et collaborer pour soutenir une approche de santé publique, basée sur les droits, en réponse aux hépatites virales. Elles affectent la population générale, mais elles touchent de façon disproportionnée les populations clés, notamment les personnes usagères de drogues par voie intraveineuse, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les prisonniers, les travailleurs du sexe, les personnels médicaux et les personnes bénéficiaires de produits sanguins.

La réunion souligne le fait que la Journée mondiale des hépatites (28 juillet) présente une importante opportunité de progression pour cet appel à l’action.

Action à mettre en œuvre

La réunion appelle la communauté internationale à mettre en œuvre des actions concertées et immédiates pour :

Plaidoyer et sensibilisation

  • Sensibiliser davantage la population générale, les décideurs politiques, les personnels médicaux et les populations clés sur les hépatites virales.
  • Mobiliser les ressources nationales et internationales adéquates et proportionnelles au fardeau des hépatites virales pour une intervention internationale efficace.
  • Favoriser des environnements sociaux et légaux qui permettent d’apporter une réponse équitable aux hépatites virales.
  • Arrêter la stigmatisation, la discrimination et la criminalisation des personnes porteuses d’une hépatite virale ou à risque de l’être.
  • Encourager le développement d’objectifs internationaux mesurables pour la mise en place de la prévention des hépatites virales et d’interventions de traitement.

Connaissance et données

  • Soutenir les pays afin qu’ils puissent développer des politiques nationales basées sur les données et établir des plans pour répondre aux hépatites virales. Cela comprend des programmes de surveillance adaptés et des indicateurs de mesure du coût de la maladie et de l’efficacité des interventions.
  • Accroître l’accès à des outils de diagnostics précis, fiables, de haute qualité et abordables produits selon des bonnes pratiques de fabrication.
  • Mettre en place un programme de recherche de santé publique correctement financé afin de répondre aux manques de connaissances et améliorer la réponse de santé publique face aux hépatites virales.

Prévention de la transmission

  • Promouvoir la prise universelle d’une dose de vaccin anti-VHB dès la naissance (pendant les premières 24 heures) et réaliser une série de doses d’immunisation primaire afin d’avancer vers une élimination de l’hépatite B au niveau mondial.
  • Étendre progressivement l’accès et les réserves de vaccins anti-VHB à des prix abordables. Donner la priorité aux populations clés, notamment : les nouveau-nés, les enfants, les adolescents, les personnels médicaux, les personnes usagères de drogues par voie injectable, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les prisonniers et les travailleurs du sexe.
  • Investir dans des programmes concrets de réduction des risques basés sur des données ayant prouvé leur efficacité dans l’arrêt de la transmission des hépatites virales chez les personnes usagères de drogues par voie injectable.
  • Soutenir les pays afin qu’ils établissent une sécurité transfusionnelle efficace, une prévention des infections et des mesures de contrôle, avec notamment la mise à disposition de matériel d’injection stérile, qui éviteraient la propagation des hépatites virales.
  • Soutenir les pays afin qu’ils renforcent les programmes liés à l’eau et à l’assainissement, ainsi qu’à l’hygiène et à la salubrité alimentaire.
  • Étendre l’accès et les réserves de vaccins contre le virus de l’hépatite A à des prix abordables afin de réduire les effets de l’hépatite virale entérique, en fonction des modes de transmissions spécifiques au pays.
  • Soutenir la mise en place de programmes de dépistages basés sur le volontariat pour les hépatites virales, afin d’augmenter le nombre de personnes diagnostiquées, référées pour des soins médicaux et traitées pour une infection hépatique chronique ; augmenter la demande de services et améliorer la réponse nationale.

Dépistage, soins et traitement

  • Donner la priorité aux populations clés afin qu’elles soient inclues dans les programmes de dépistage, de soins et de traitement en fonction des modes de transmissions spécifiques au pays.
  • Promouvoir l’accès à des diagnostics et des traitements sans risques, efficaces et abordables afin de faciliter une prise en charge complète pour tous, en utilisant tous les moyens possibles, incluant le recours aux flexibilités inscrites dans les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) afin de supprimer toutes les barrières liées au commerce ou à la propriété intellectuelle, ou en usant de licences volontaires ou d’autres moyens, pour favoriser la compétition par les génériques.

Institutions, réseaux et autres partenaires représentés

Gouvernements et programmes nationaux :

Agence Nationale de Recherche sur le Sida et ICS hépatites virales - France, Centre chinois de contrôle des pathologies, Comité national égyptien de lutte contre l’hépatite, Maladies Infectieuses, SIDA
et le Centre de recherche sur l’immunologie clinique de Géorgie, le Conseil de recherche médicale de Gambie, le Conseil de recherche médical du Pakistan, l’Institut national d’hépatologie et de recherche sur les pathologies tropicales d’Égypte, et les Centres américains de contrôle et de prévention des pathologies.
RPRÉSENTANTS DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ : de Bahreïn, du Brésil, du Cameroun, de l’Égypte, de la Géorgie, de l’Allemagne, d’Indonésie, d’Italie, du Nigéria, de la République de Corée, de la Fédération de Russie, du Sénégal, de la Slovénie, de la Suisse et de la Tanzanie.

Organisations non gouvernementales et société civile :

ACT UP Basel, amfAR/Treat ASIA, l’Alliance Pacifique et Asie pour l’élimination de l’hépatite virale, la Ligue australienne des usagers illicites de drogue, BalkanHep, la Coalition pour éradiquer l’hépatite virale en Asie-Pacifique, Correlation Network Hepatitis C Initiative, le Réseau eurasien de réduction des préjudices, l’Association européenne des patients malades du foie, le Réseau européen de la fédération de la parentalité international planifiée, la Fondation pour de nouveaux diagnostics innovants, l’Association pour une politique publique pour l’hépatite B et C, International HIV/AIDS Alliance, le réseau international des personnes utilisant de la drogue, ITPC Mena, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, Medicines Patent Pool, Treatment Action Group, l’Union pour le contrôle international du cancer, le Conseil de prévention de l’hépatite virale, et l’Alliance mondiale contre l’hépatite.

Institutions académiques et organisations professionnelles :

L’Asssociation Asie-Pacifique pour l’étude du foie, l’Association asiatique de médecine de transfusion, Université du Caire, Égypte, le Centre de Santé et de Recherche sur les maladies infectieuses, Université
de Copenhague, Danemark, le Centre pour la santé de la Population, Burnet Institute, Australie, le Département de la santé mondiale et de la médecine sociale, École médicale de Harvard, Boston, États-Unis, l’Institut Eijkman, Indonésie, l’Association européenne pour l’étude du foie, Hôpital universitaire austral, Argentine, l’Institut du foie et des sciences biliaires, Inde, Société internationale sur le sida, l’Association latino-américaine pour l’étude du foie, l’Association médicale sud-africaine, l’Institut d’étude supérieures de sciences médicales Sanjay Gandhi, Inde, The New England, Journal de médicine, Université de Malaya, Malaysie, Université de São Paulo, Brésil, l’Organisation mondiale de gastroentérologie.

Agences multilatérales et développées :

Clinton Health Access Initiative, le Centre européen pour la prévention et le contrôle des pathologies, l’Alliance mondiale pour les Vaccins et l’Immunisation, la Fondation du Qatar, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria, le Fonds OPEC pour le Développement international, l’Agence des États-Unis pour le Développement international, la Fondation ZeShan.

Agences des Nations Unies :

Le Centre international de Recherche sur le Cancer, l’Organisation mondiale du Travail, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé.