Désamorcez la bombe à retardement de l’hépatite C ! Communiqué de presse – 25 juillet 2013

Le VHC est une menace considérable pour la santé publique mondiale. Depuis 2010, plus d’un million de personnes sont mortes de l’hépatite C, alors que celle-ci est curable. On estime à 185 millions le nombre de personnes infectées par le VHC, et entre 3 et 4 millions de nouvelles contaminations chaque année. Parce qu’il est transmissible par le sang, ce virus touche plus de la majorité des usagers de drogues par voie intraveineuse (sur 16 millions, plus de 10 millions sont infectés). Le manque d’accès à du matériel d’injection stérile continue d’alimenter l’épidémie : 90% des nouvelles contaminations VHC sont dues au partage de matériel d’injection souillé.

De nouveaux médicaments récemment découverts pour soigner l’hépatite C ont montré des taux de guérison atteignant presque 100 % : l’hépatite C peut donc être éradiquée de la planète. Pourtant, au niveau mondial, seule une infime partie des personnes qui se savent porteuses du virus ont accès au traitement, ou bénéficient d’informations et d’outils nécessaires pour éviter sa transmission. L’épidémie continue de se répandre, sans aucun contrôle.

L’OMS a qualifié l’hépatite C de “bombe virale à retardement”, mais n’a pas fait grand-chose pour s’attaquer de manière significative à cette crise mondiale de la santé. L’accès aux outils de prévention, de diagnostic et de traitement est toujours extrêmement limité, particulièrement pour les usagers de drogues par voie intraveineuse, groupe fortement touchée par le VHC. Ce manque d’accès est un échec de la politique de santé publique mondiale menée par l’OMS dont l’ampleur est considérable.
Par conséquent, à la veille de la Journée mondiale contre l’hépatite, nous demandons au Dr. Chan de faire preuve d’un réel leadership en mobilisant les volontés politiques et les ressources nécessaires pour combattre l’épidémie mondiale d’hépatite C.
L’Organisation mondiale de la Santé doit agir pour améliorer l’accès universel au diagnostic et au traitement du VHC, en :
- Défendant le droit aux services de réduction des risques ;
- Mettant en place un processus de préqualification pour les traitements interféron pégylé alternatifs et biosimilaires ;
- Contrôlant la qualité et l’amélioration de l’accès au diagnostic du virus de l’hépatite C ;
- Accélérant et accordant la priorité à l’inclusion des nouveaux traitements à venir (les antiviraux à action directe) sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS et ainsi créer un large accès au traitement du VHC abordable, de qualité et efficace.
- Proposant un soutien technique aux pays pour améliorer leurs capacités à fournir soins et traitement du VHC ;
- Définissant une stratégie claire pour le dépistage du VHC, qui recommande explicitement le dépistage des personnes vivant avec le VIH, chez qui le virus progresse rapidement, et des personnes usagères de drogues par voie intraveineuse.
De nombreux pays sont prêts à s’attaquer à l’épidémie de VHC et attendent de l’OMS ses recommandations dans des domaines clés, qui nous permettront à tous d’avancer et de mettre fin aux conséquences dramatiques du virus de l’hépatite C.

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