L’industrie pharmaceutique refuse d’assurer l’accès aux traitements vitaux de l’hépatite C Bangkok, Thaïlande, 28 février 2014

38 activistes de 22 pays ont uni leurs forces à l’occasion de la première réunion internationale du groupe consultatif communautaire sur l’hépatite C (HCV World Community Advisory Group) pour exiger de six multinationales pharmaceutiques l’accès équitable aux traitements du virus de l’hépatite C (VHC). Mais AbbVie, Bristol-Myers Squibb, Gilead, Janssen, Merck, et Roche ont refusé de prévoir un plan pour un accès équitable aux traitements du VHC, une infection curable qui tue plus de 350 000 personnes chaque année.

Les militants de la lute contre le sida, les personnes vivant avec le VHC, les personnes s’injectant des drogues et leurs alliés se battent pour l’accès aux nouvelles générations de médicaments de l’hépatite C – appelés antiviraux à action directe (AAD). Ces médicaments pourraient potentiellement éradiquer le VHC, dans certains essais cliniques ils ont permis une guérison jusqu’à 100% des personnes.

Toutes les firmes pharmaceutiques ont refusé de s’engager sur des réductions de prix qui aurait permis un accès réel pour les pays à revenu faible et intermédiaire où pourtant plus de 85% des personnes vivants avec le VHC. Y compris Roche et Merck, producteurs de médicaments plus anciens et en passe de devenir obsolètes, ont rejeté toute diminution de prix.
Dans les pays à haut revenu, et bien que les AAD aient un coût de fabrication modique, la combinaison d’AAD coute plus de 100 000 euros. En effet, selon les analyses d’experts, cela coute moins de 200 euros pour une thérapie de 12 semaines. « Ce niveau de cupidité est inexcusable et maintient le traitements curatif inaccessible pour la quasi-totalité de ceux qui ont besoins de ces médicaments » déclare Shiba Phurailatpam, coordinateur régional du réseau Asie-Pacifique des personnes vivant avec le VIH/sida (APN+)

« La majorité des personnes ne peuvent pas se payer le traitement du VHC – ni leur gouvernement » explique Paata Sabelashvili du Réseau Géorgien de Réduction des risques. « Mon gouvernement, comme d’autres de la région d’Europe de l’Est, est en train de lancer un programme national de prise en charge mais les prix astronomiques pratiqués va le limiter. Comment les gouvernement et les bailleurs peuvent répondre efficacement à l’épidémie d’hépatite C si l’industrie pharmaceutique refuse de baisser ses prix? »

Les stratégies mises en place actuellement par les firmes pharmaceutiques : retard de l’enregistrement de leurs médicaments, licence volontaire et “programme d’assistance aux patients”- sont susceptibles d’entraver un meilleurs accès dans les pays à revenu intermédiaire.

« Les gouvernements doivent utiliser tous les moyens possibles, y compris les licences obligatoires, dans le but de protéger la santé publique et augmenter rapidement l’accès aux AAD y compris où ils sont brevetés » déclare Lorena Di Giano, General Coordinator of the Red Latino americana por el Acceso a Medicamentos (RedLAM).

Nous sommes déterminés à mettre en oeuvre toute stratégie permettant la production générique d’AAD y compris dans les pays à revenu intermédiaire. L’accès à des médicaments génériques anti-VIH abordables a permis une réduction drastique du prix des traitements passant de 7 000 à 70 euros et ainsi de sauver des millions de vies. Les personnes vivant avec le VHC méritent eux aussi d’accéder aux traitements et ne doivent pas devenir otages de la cupidité des firmes pharmaceutiques.

Liste des participants au premier World CAB sur l’hépatite C

Asie du Sud et du Sud-Est
Jirasak Sripramong, Thai AIDS Treatment Action Group (TTAG), Thailand
Dr. Kieu Thi Mai Huong, SCDI, Vietnam
Dr. Lisa Peiching Huang, Médecins du Monde, Vietnam
Edo Agustian, PKNI, Indonesia
Aditya Wardhana, IAC, Indonesia
Do Dang Dong, VNP+, Vietnam
Zhang Bo, Yunnan IDA, China
Thomas Cai, AIDS Care China
Odilon Couzin, Hong Kong
Shiba Phurailatpam, Thailand
Giten Khwairakpam, Thailand
Kajal Bhardwaj, India
Paul Cawthorne, Médecins Sans Frontières (MSF), Thailand
Dr. Gonzague Jourdain, Thailand

Europe de l’Est et Asise centrale
Paata Sabelashvili, Georgian Harm Reduction Network, Georgia
Sergey Golovin, ITPC-Russia
Ludmila Maistat, The HIV/AIDS Alliance-Ukraine

Etats-Unis et Europe
Karyn Kaplan, Treatment Action Group, United States
Tracy Swan, Treatment Action Group, United States
Khalil Elouardighi, Coalition Plus, France
Noah Metheny, Global Forum on MSM & HIV, United States
Camila Picchio, Treatment Action Group, United States
Simon Collins, HIV i-Base, United Kingdom
Chloé Forette, Médecins du Monde, France
Pauline Londeix, Act Up-Basel/ITPC, France
Jude Byrne, International Network of People Who Use Drugs (INPUD), United Kingdom
Jorrit Kabel, AIDS Fonds, The Netherlands
Els Torreele, Open Society Foundations, United States
Azzi Momenghalibaf, Open Society Foundations, United States
Tahir Amin, I-MAK, United States
Priti Radhakrishnan, I-MAK, United States

Afrique
Abshiro Halake, Kenya Red Cross Society
Ed Ngoksin, Global Network of PLWHA (GNP+), South Africa

Moyen Orient et Afrique du Nord
Heba Wanis, Egyptian Initiative for Personal Rights
Dr. Mustapha Sodqi, ALCS (Association de Lutte Contre le Sida), Morocco
Othman Mellouk, ITPC-MENA, Morocco

Iles
Nudhar Bundhoo, Prévention Information et Lutte contre le Sida (PILS), Mauritius

Amerique Latine
Lorena Di Giano, Red Latinoamericana por el Acceso a Medicamentos – RedLAM, Argentina