mapCrowd une nouvelle plateforme de crowdsourcing en ligne

mapCrowd est une nouvelle plateforme de crowdsourcing en ligne créée par Médecins du monde (MDM) et Treatment Action Group (TAG) pour faciliter la collecte et le partage d’informations à jour sur le VHC. Elle comprend des données mises en ligne par des acteurs de la lutte contre le VHC dans le monde entier, ainsi que des informations scientifiques et institutionnelles récentes. mapCrowd présente des informations relatives au diagnostic, au traitement, aux politiques et aux données épidémiologiques, et fournit les contacts des organisations locales de lutte contre le VHC. Les données mapCrowd sont disponibles gratuitement sur mapCrowd.org ; les utilisateurs peuvent accéder à des tableaux, des graphiques et des cartes interactifs.

mapCrowd met en lien les contributeurs et les utilisateurs du monde entier pour partager une information de qualité. Les experts et militants VHC qui rejoignent mapCrowd renforceront ce réseau de plaidoyer international de la lutte contre le VHC et, à travers le partage de données nationales, mettront en lumière la situation actuelle dans leur propre pays. mapCrowd intégrera continuellement des données de nouveaux pays et fera des mises à jour régulières reflétant les dernières évolutions de l’épidémie mondiale de VHC.

Une analyse préliminaire des données de mapCrowd a mis en évidence six résultats principaux :

Données épidémiologiques : Poids relatif du VHC parmi les personnes usagères de drogues par voie injectable

La prévalence de l’hépatite C est plus importante dans les pays à revenu intermédiaire où 73% des personnes séropositives au VHC vivent. Le poids relatif du VHC parmi les personnes usagères de drogues par voie injectable (PUDVI) est élevé, représentant 7% de l’ensemble des adultes séropositifs au VHC dans le monde. Le poids relatif du VHC est plus élevée dans les pays à revenu intermédiaire et élevé, où les PUDVI représentent respectivement 11,3% et 19% des personnes séropositives au VHC.

Accès limité aux diagnostics du VHC : un prix élevé au regard du revenu

Le prix des outils diagnostics de base du VHC est composé d’un test de dépistage des anticorps anti-VHC en laboratoire, d’un test de charge virale de confirmation, d u génotypage et de l’évaluation de la fibrose du foie par élastographie impulsionnelle (Fibroscan). Le prix de ces diagnostics varie considérablement selon les pays renseignés dans mapCrowd, allant de 67 US$ au Brésil à 627 US$ aux États-Unis. Ils restent largement hors d’atteinte pour les habitants des pays à revenu faible et intermédiaire, où le prix des outils diagnostics peut représenter plus de cinq fois le revenu national brut mensuel par habitant.

Accès limité au traitement du VHC : des prix exorbitants

L’accès aux traitements à base d’interféron pégylé (PEG-IFN), comme aux traitements sans interféron à base d’antiviraux à action directe (AAD) est sévèrement limité en raison de prix excessivement élevés. Seuls 8 des 23 pays étudiés ont accès à des combinaisons sans interféron, où le prix reste encore plusieurs fois supérieur au RNB mensuel par habitant. Les prix pour les traitements VHC varient considérablement d’un pays à l’autre, reflétant les stratégies commerciales des compagnies pharmaceutiques. Au Myanmar, au Kenya et en Côte d’Ivoire, où les combinaisons de traitements sans interféron ne sont pas disponibles, un traitement de 48 semaines de PEG-IFN coûte entre 80 et 100 fois le revenu national brut mensuel par habitant.

Accès limité au traitement du VHC : un "défaut d’enregistrement”

Avant de pouvoir être vendus dans un pays, les médicaments doivent être enregistrés
auprès de l’autorité nationale de régulation des médicaments. Les compagnies pharmaceutiques privilégient l’enregistrement de leurs médicaments dans les pays à revenu élevé, et le retardent souvent dans des marchés moins lucratifs.

Ce « défaut d’enregistrement » constitue un obstacle supplémentaire à l’accès au traitement dans les pays où l’économie est moins développée ou moins florissante. Le Canada, la France et les États-Unis sont les seuls pays dans notre étude où les combinaisons AAD sont enregistrées. Dans la plupart des pays à revenu faible, il y a un « défaut d’enregistrement ». Alors que les accords de licences volontaires sont sensés étendre l’accès aux traitements, de fait les fabricants de médicaments originaux n’enregistrent pas leurs médicaments.

Peu de politiques nationales de lutte contre le VHC dans le monde

Peu de pays dans le monde ont mis en place des politiques nationales de lutte contre le VHC, illustrant le faible niveau de prise de conscience ou de volonté politique pour combattre l’épidémie. Sur les 119 pays où l’information est disponible, seuls 44 (37%) ont des plans nationaux de lutte contre le VHC. Là où les politiques existent, il n’y a souvent pas de stratégie de prévention, de dépistage et d’accès au traitement du VHC pour les personnes usagères de drogues par voie injectable, malgré la charge de morbidité élevée au sein de cette population.

Un faible taux de personnes mises sous traitement

En 2014, le taux moyen de mises sous traitement dans le monde est estimé à 2,2%.
Dans les pays mapCrowd, lorsque les données étaient disponibles, ce taux en 2014 était en dessous de cette moyenne mondiale dans 12 des 15 pays et il était de 0,5% ou moins dans plus de la moitié d’entre eux.

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