Stratégies militantes pour accroître l’accès au traitement du VHC dans les pays à revenu faible et intermédiaire Par Karyn Kaplan

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Introduction

La maladie du foie causée par le virus de l’hépatite C (VHC) est l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Au moins 185 millions de personnes ont été infectées par le VHC et près de 500 000 en meurent chaque année. Récemment, l’espoir d’éradiquer le VHC a pris une nouvelle dimension : des traitements efficaces assurant un taux de guérison de 100 % lors des essais cliniques sont désormais disponibles. Mais les prix exorbitants des médicaments et le coût élevé des outils de diagnostic rendent les traitements inaccessibles pour la majorité des personnes qui en ont besoin, ceux qui vivent dans des pays à revenu faible et intermédiaire.

De nombreux obstacles s’opposent à l’éradication du VHC : le manque de données épidémiologiques précises, nécessaires à l’élaboration de politiques, de programmes et à l’allocation des ressources ; la pénalisation des usagers de drogues par voie intraveineuse et l’interdiction de programmes de réduction des risques, qui ont pour effet de maintenir les nouvelles infections ; et l’absence de volonté politique nationale et internationale (à quelques exceptions près) de lutter contre l’épidémie.

Mais des militants ont élaboré et mis en place des stratégies efficaces pour surmonter des obstacles similaires dans la lutte contre le VIH. De Johannesburg à New York, de Río de Janeiro à Bangkok, leurs actions ont permis à plus de 10 millions de personnes d’avoir accès au traitement du VIH. La thérapie antirétrovirale (ARV) a sauvé 4,2 millions de vies dans les pays à revenu faible et intermédiaire, alors que les décideurs politiques et les dirigeants mondiaux considéraient un tel résultat impossible.

Même si des différences importantes distinguent le VHC du VIH (par exemple, le VHC peut être guéri par un traitement de courte durée, alors que le traitement du VIH doit être pris à vie), les enseignements tirés de trois décennies de lutte contre le sida peuvent être utiles au mouvement militant contre le VHC qui est en train de se développer.

Stratégies militantes pour accroître l’accès au traitement du VHC dans les pays à revenu faible et intermédiaire présente plusieurs stratégies essentielles basées sur des cas concrets et montre comment des stratégies utilisées pour lutter contre l’épidémie du sida peuvent être adaptées — et l’ont été — pour élargir l’accès au traitement du VHC.

Ces stratégies sont présentées en trois parties :

Première partie : Préparer le terrain par l’organisation communautaire

Stratégie 1 : Concevoir le traitement et la prévention du VHC comme des droits humains fondamentaux, en particulier pour les usagers de drogues par voie intraveineuse
Stratégie 2 : Organiser les personnes vivant avec le VHC à des fins de sensibilisation et de mobilisation communautaires
Stratégie 3 : Former des alliances avec des organisations locales et régionales pour influer sur les politiques
Stratégie 4 : Réclamer des politiques et des financements internationaux pour le VHC

Deuxième partie : Faire tomber les barrières financières à l’accès au traitement du VHC

Stratégie 5 : Négocier des prix inférieurs avec les laboratoires pharmaceutiques
Stratégie 6 : Lever les obstacles de la propriété intellectuelle en s’opposant aux brevets
Stratégie 7 : Surmonter les barrières des brevets grâce aux licences obligatoires et aux importations parallèles

Troisième partie : Collaborer avec des chercheurs pour developper votre argumentation pour l’accès au traitement du VHC

Stratégie 8 : Appliquer des modèles mathématiques pour prévoir le rapport coût-efficacité et les avantages du traitement du VHC pour la santé publique
Stratégie 9 : Plaider pour des politiques et des programmes basés sur les preuves apportées par la recherche opérationnelle


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